Le Chant des Barons

 

 

 

Ce texte médiéval date de 1263. Conservé dans un manuscrit unique, il est, malheureusement, incomplet. Il ne nous reste que 13 strophes et deux vers.

 

Purement historique, ce texte en anglo-normand, naît sous le règne d'Henri III. En effet, le roi d'Angleterre ayant annulé, en 1261, ce que l'on a appelé Les Provisions d'Oxford, c'est à dire un accord permettant à un comité de Barons de faire des réformes, puis Les Provisions de Westminster, il se met en rébellion avec ses Barons. Le chef de ces derniers était Simon V de Montfort, fils de Simon IV, figure incontournable de la croisade contre les Albigeois.

 

Ce texte va énumérer les participants à cette révolte. On y montre un Montfort glorieux et on lui souhaite un grand succès. Mais ce dernier mourra, le 04 août 1265, à la bataille d'Evesham.

 

 

 

 

Extrait : 

 

 

7.

 

 

Il est appelé de Monfort :

Il est el mond et si est fort,

Si ad grant chevalerie ;

Ce voir, et je m’acort,

Il eime dreit et het le tort,

Si avera la mestrie.

 

 

8.

 

El mond est veréement ;

Là où la comun à ly consent,

De la terre loée

C’est ly quens de Leycestre,

Que baut et joius se puet estre

De cele renomée.

 

 

9.

 

Li eveske de Herefort

Sout bien que li cuens fut fort,

Kant il prist l'affère :

Devant ce esteit mult fer,

Les Engleis quida touz manger,

Mès or ne set que fere.

 

 

10.

 

Et li pastors de Norwis,

Qui devoure ses berbis,

Assez sout de ce conte;

Mout en perdi de ses biens,

Mal ert que ly lessa riens,

Ke trop en saveit de honte.

 

 

 

Traduction : (d'Adrien Jean Victor Le Roux de Lincy)

 

 

7.

 

 

Il est appelé de Montfort

Car il est au monde et il est fort.

Il a une grande chevalerie,

On n’en peut douter.

Il aime la droiture et hait l’injustice.

Il doit commander à tous.

 

 

8.

 

 

Il est bien placé dans le monde

Et le peuple de notre bonne terre

Obéit à sa voix.

C’est le comte de Leicester

Qui doit être fier et joyeux

De cette renommée.

 

 

9.

 

L’évêque d'Herefort

Savait que la Comte était hardi,

Quand il prit en main cette affaire.

Avant il était bien fier

Et croyait manger tous les Anglais;

Mais aujourd'hui, il ne sait plus que faire.

 

 

10.

 

Et le pasteur de Norwich,

Qui dévore ses brebis,

En a trop appris à ce sujet,

Et il a perdu beaucoup de ses biens.

C'est pitié que de rien lui laisser,

Car il est trop méprisable.

 

 

 

Ce texte est à lire dans ce recueil :