La belle Erembour

 

 

 

Quand viennent les longs jours de mai,

Que les Francs de France quittent la cour du roi,

Renaud se remet en route au premier rang.

Et lorsqu’il passa devant la maison d’Erembour

Il ne daigna pas relever la tête.

Eh ! Renaud, mon ami !

 

La belle Erembour à la lumière de sa fenêtre

Tenait sur ses genoux une étoffe de couleur.

Elle voit les Francs de France quittant la cour.

Elle voit Renaud devant, bien au premier rang.

A haute voix, elle l’appelle :

Eh ! Renaud, mon ami !

 

Renaud, mon ami, autrefois,

Quand vous passiez près de la tour de mon père,

Vous étiez bien déçu si je ne vous parlais pas !

- Oui, mais vous m’avez trahi, fille d’empereur,

Vous en avez aimé un autre et m’avez oublié !

Eh ! Renaud, mon ami !

 

Sire Renaud, je m’expliquerai là-dessus.

Je jurerai sur les reliques et devant cent jeunes filles

Et trente dames que jamais

Je n’ai aimé d’autre homme que vous.

Acceptez mon excuse et je vous donnerai un baiser.

Eh ! Renaud, mon ami !

 

Le comte Renaud monta les escaliers

Il avait les épaules larges et la taille fine,

Les cheveux blonds et bouclés.

En aucune terre il n’y avait si beau jeune homme.

Quand il voit Erembour, il se met à pleurer.

Eh ! Renaud, mon ami !

 

Le comte Renaud est monté à la tour,

Et il s’assoit sur un lit brodé de fleurs.

Près de lui s’assied la belle Erembour,

Et c’est le renouveau de leur amour.

Eh ! Renaud, mon ami !

 

 

 

Traduction : Jean Bescond