Theseus de Cologne

 

 

 

Cette chanson de geste tardive, datant vraisemblablement du XIVe siècle (postérieure à 1361), reprend un poème antérieur perdu à ce jour. Elle comprend plus de 25 000 vers en alexandrins. 

 

L'histoire est scindée en deux : la première partie explique la naissance et la vie de Theseus et la seconde celle de son fils Gadifer et des trois enfants de ce dernier.

 

Theseus est le fils du roi Floridas. Il est né bossu. Un beau jour, un chevalier s'éprend de la mère de Theseus. Mais celle-ci l'éconduit. Vexé et voulant se venger, ce dernier l'accuse d'adultère avec un nain qui vit à la cour. Il donne comme preuve la malformation de l'enfant. Le roi pense que ce chevalier dit vrai. Il ordonne alors l'exécution de la mère, qui doit être brûlée vive et de l'enfant qui est amené dans une forêt afin d'être tué. Mais l'enfant supplie ses bourreaux et leur demande une faveur : lui laisser dire une prière. Soudain, il se transforme et devient un beau jeune homme. Preuve est faite pour les chevaliers que l'enfant est noble et pur. Ainsi, Dieu lui a rendu justice. Sa mère, la Reine, est vengée par le nain qui tuera le chevalier indélicat. 

 

Theseus s'éprend de la belle Flore, fille de l'Empereur de Rome Esmeré. Il pénètre dans sa chambre, caché dans un aigle d'or offert en cadeau à la jeune fille. Il réussit à se faire aimer de cette dernière, l'épouse en toute clandestinité et l'enlève. Mais la nef qui emporte les fugitifs est interceptée par l'Empereur de Constantinople, Abilant. Theseus est fait captif à Antioche. Flore est contrainte d'épouser Abilant. Elle met au monde le fils de Theseus, qui lui est retiré sur le champ. Pendant ce temps, Esmeré, excédé par le départ de sa fille, met le siège devant Cologne qui succombe. Les parents et la soeur de Theseus sont faits prisonniers et emmenés à Rome. Dagobert tient Esmeré pour responsable et envoie contre lui tout un contingent sous les ordres de Lambert d'Anjou, un traître. Mais Theseus parvient à s'échapper d'Antioche et reprend Cologne. Il libère ses parents et marie sa soeur, Bandour (future sainte Bathilde), avec Ludovis, héritier du trône de France. 

 

Gadifer, le fils de Theseus et de Flore atteint sa dix-septième année. Il épouse la fille de son père adoptif, Osane. Il devient empereur de Constantinople et retrouve ses parents. Mais Osane est à son tour accusée d'adultère et ses enfants lui sont enlevés. Ils seront recueillis par un charbonnier. Elle se réfugie à Jérusalem. Après moultes péripéties, la famille est réunie et le récit va alors développer les aventures des enfants de Gadifer. 

 

Ce texte fut mis en prose au XVe siècle. On y retrouve beaucoup de lieux communs utilisés à l'époque : l'amoureux éconduit, l'accusation, la trahison, le jugement divin, la séparation des époux etc... En revanche, les schémas classiques n'apparaissent pas dans toute l'histoire. Ainsi, si, habituellement, c'est le preux chevalier qui gagne, il n'en est pas tout à fait de même ici. On assiste ainsi aux combats d'un nain, d'un charbonnier et d'un forgeron, qui mettront à mal leurs assaillants. C'est la victoire des basses classes. La chanson de geste est tardive comme je l'ai dit précédemment, et ceci pourrait expliquer cette évolution. 

 

 

Et s'il ne fallait retenir que quelques vers, ce serait ceux-ci :

 

Or escoutez ung pou vous qui voulez ouyr
Beaux motz et bel estat [car] fait bon retenir
Le bien pour doctriner et le mal pour fuÿr.

 

(Theseus de Cologne 1079-1081)

 


 

 

Illustrations du Roman de Theseus de Cologne et de Gadifer (1501-1600)

Source : Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits Français 1473

 

 

 

 

 

 

 

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