Les quatre fils Aymon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Renaud, Allard, Richard et Guichard sont les 4 Fils du Duc Aymon. Ils font partie de la cour de Charlemagne. Leur vie est une succession de tournois, de festins, de plaisirs. Mais à la suite d’une discussion qui survint au cours d’une partie d’échecs, Renaud blesse mortellement Bertolais, le neveu de Charlemagne, ce qui l’oblige à quitter la cour pour fuir la colère de l’empereur.

 

Chevauchant tous les quatre le bon cheval Bayard, il se réfugient dans la forêt d’Ardenne. Avec l’aide de leur cousin l’enchanteur Maugis, ils bâtissent un château sur un roc dominant la vallée où coule la Meuse. Mais bientôt Charlemagne connaît leur retraite et avec une troupe importante, il fait le siège du château.

 

Les 4 Fils Aymon résistent longtemps, mais le traître Ganelon les oblige une nouvelle fois à fuir devant l’empereur. Ils regagnent l’épaisse forêt qui leur sert de refuge pendant 7 ans.

 

Las de souffrir, ils se présentent un jour à leur mère au château de Dordonne. Les 4 Fils Aymon se retirent ensuite en Gascogne et font partie de la troupe du roi Yvon. Au moment où celui-ci entre en lutte contre l’émir Beges, ils se distinguent par leur courage. Grâce à leur appui, le roi Yvon est victorieux et pour les récompenser, il leur donne le château de Mautauban. Mais Renaud renonce bientôt à la carrière des armes et se consacre à Dieu. Il quitte Mautauban et part seul en pèlerin. Il se rend en Allemagne et aurait travaillé à la construction de la cathédrale de Cologne.

 

C’est ainsi que prend fin la légende des 4 fils Aymon…

 

 

 

 

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Extrait :

 

 

 

 

Tandis qu’ils reprenaient lentement le chemin de leur pays, les quatre fils Aimon, sur le dos de Bayard, couraient comme le vent vers l’endroit désigné. Et malheur à l’oppresseur ou au ravisseur.

 

C’est ainsi qu’on les vit passer en Auvergne, en Bourgogne, dans les plaines de Flandre, sur les bords fleuris de la Loire ou aux rivages rocheux du Rhin. Nulle part ils ne séjournaient et leur besogne de justice accomplie, ils retournaient au château du duc, leur père, non sans rapporter maintes fois un riche butin prélevé sur le trésor de l’avare et du méchant.

 

Tant de beaux exploits ne pouvaient pas ne pas venir aux oreilles de l’Empereur Charles. Un soir qu’il soupait en son palais à Paris, où il était venu se reposer dans le climat de ses douces provinces de l’Ile-de-France des rigueurs de l’hiver d’Aix-la-Chapelle,son neveu Roland, pour le divertir, lui fit le récit des hauts faits des fils du preux Aimon.

 

- Mais, par Dieu ! s’exclama Charles, comment ces jeunes gens peuvent-ils accomplir tant de belles prouesses en des lieux si distants l’un de l’autre. Si ce que tu dis est vrai, Roland, et je ne doute pas de tes paroles, il faudrait une vie humaine pour mener à bien toutes ces expéditions.

 

- Voilà où est le secret de leurs succès, répliqua Roland ; ils possèdent un cheval merveilleux nommé Bayard tant il est de robe sombre ; ce cheval qui leur fut, dit-on, donné par une fée, les transporte tous les quatre par monts et par vaux plus vite que ne vole l’hirondelle légère.

 

L’Empereur réfléchissait à ces paroles quand s’éleva la voix insidieuse de Ganelon, le fourbe :

 

- Est-il permis à de simples écuyers de posséder pour leur commodité personnelle un cheval aussi incomparable ? N’est-ce point là une monture de roi et que seul l’Empereur devrait posséder ?

 

- Puis-je songer à dépouiller les fils de mon preux compagnon d’un bien qui leur est précieux et dont ils font un si noble usage ? Est-ce bien à moi, dont la mission sur terre est de faire régner la justice, de m’emparer de ce qui est à mes sujets et de leur faire du tort ?

 

- Qui donc parle de les dépouiller ? Vos trésors sont assez considérables pour que vous puissiez les dédommager largement de leur monture et leur permettre d’acheter quatre palefrois dignes des plus nobles chevaliers et dont de jeunes écuyers comme eux pourront se montrer à bon droit orgueilleux.

 

L’Empereur réfléchissait, mais son cœur était juste.

 

- Si pourtant, c’était précisément leur cheval que veuillent posséder les fils de mon féal compagnon, il est de leur droit de le conserver et ce serait mal agir que de m’en emparer même en en payant le prix et au-delà.

 

Roland et les autres barons approuvaient ces paroles, mais Ganelon, à qui toute supériorité, quelle qu’elle fût, était insupportable et qu’aigrissait la renommée naissante des quatre fils Aimon, ne se tint pas pour battu.

 

- Certes, c’est là parler en homme équitable, mais vous n’êtes pas un homme comme un autre qui agit pour son intérêt personnel. Votre intérêt se confond avec celui de l’Empire. Or, songez qu’un cheval comme celui-là rendrait d’éminents services pour le gouvernement de vos peuples. Avec lui, plus de distances ; les marches les plus lointaines seraient au cœur de vos États. Éclaterait-il aux frontières quelque événement important ? Un émissaire mandé par vous reviendrait vous en rendre compte pour ainsi dire dans la journée. Le bien public ne doit-il pas passer avant tout le reste ?

 

- Tes paroles, Ganelon, semblent inspirées par un sens politique et pourtant je ne suis pas convaincu. Du reste, ce cheval est peut-être moins merveilleux qu’on ne le dit ; il faut, dans les récits, faire la part de l’exagération. Ce que nous a dit notre bien-aimé Roland, il ne l’a pas vu de ses yeux.

 

- Ceux qui m’ont rapporté ces choses sont dignes de foi, dit vivement Roland.

 

Alors Ganelon de sa voix la plus douce :

 

- Il y a un moyen, Seigneur, de vous assurer de l’exacte vérité : faites venir à Paris les fils Aimon, recevez-les avec honneur. Ils ne pourront qu’être flattés de cette distinction. Puis, dans la carrière qui se trouve au bord de la Seine, auprès de la tuilerie, ordonnez qu’une course mette en ligne les meilleures montures de vos barons. Les fils Aimon y prendront part. Vous verrez courir leur cheval. S’il est vainqueur et si vous le jugez utile à votre service, il vous sera alors facile, en le payant d’un prix élevé et en comblant de dons ses possesseurs, de le mettre dans vos écuries.

 

Charles réfléchit un instant.

 

- Ceci me paraît sensé. D’abord, il me sera agréable de montrer à mon vieux compagnon Aimon que je l’honore en la personne de ses fils et ensuite je suis curieux de voir leur coursier fabuleux. Pour le reste, les événements nous guideront. Je te charge, Ganelon, d’arranger tout ceci.

 

Dans sa joie de nuire et de faire de la peine à autrui, Ganelon ne perdit pas une minute.

 

 

 

 

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M'étant rendue à Bogny-sur-Meuse(Ardennes), j'ai pu aller voir le monument se trouvant sur le site même de la légende(Sculpteur: Albert Poncin).

 

 

 

Sur l'emplacement actuel du monument se dressait la forteresse de Château-Regnault. Il ne reste aujourd'hui pratiquement plus de trace de l'édifice. On peut cependant encore observer quelques escaliers taillés à même le schiste, une citerne près du monument et un reste de tour concave taillée elle aussi dans le schiste. Lors de l'érection du monument en 1933, quelques trouvailles ont été faites: monnaies, épées, pointes de flèches, vaisselle, et quelques os d'animaux.

 

 

 

 

 

Lydia Bonnaventure ©
Lydia Bonnaventure ©
Lydia Bonnaventure ©
Lydia Bonnaventure ©

Emplacement de la citerne du château. Lydia Bonnaventure ©
Emplacement de la citerne du château. Lydia Bonnaventure ©