Ami et Amile

 

 

 

 

 

 

 

Cette chanson de geste, datée de 1200, appartient au cycle provincial, et notamment à la Petite geste de Blaives (une autre chanson en fait partie, celle de Jourdain de Blaye).

 

Ami et Amile reprend un lieu commun, l'histoire d'une amitié très forte entre deux hommes. Ils ont été conçus et sont nés à la même heure. Les parents ont été avertis par un ange que leurs enfants seraient liés par une amitié exceptionnelle. De ce fait, ils leur donnent pour parrain le Pape. Celui-ci leur offre un hanap qui permettra de les différencier (ils se ressemblent comme deux gouttes d'eau). Ils grandissent éloignés l'un de l'autre (l'un à Clermont et l'autre à Bourges). A l'âge de quinze ans, ils quittent au même moment la maison pour pouvoir se rencontrer. Après bien des recherches, ils se rencontrent et se jurent une amitié éternelle. Ils vont aller servir Charlemagne. Le traître Hardré, jaloux du succès des deux hommes tentent de semer la discorde. Il complote mais se fait prendre à son propre piège. Pour se faire pardonner, il leur offre la main de sa nièce, Lubias, dame de Blaye. Ami accepte le mariage qui se révèlera catastrophique. Amile, entre-temps, est tombé amoureux de la fille de Charlemagne, Belissant. Hardré les surprend et en informe son souverain. Amile, accusé, est tenu de s'en justifier par un combat judiciaire : qu'il ne saurait soutenir, car l'accusation est vraie.

 

Mais les deux compagnons tirent profit de leur merveilleuse ressemblance, ils changent de vêtements et se font passer l'un pour l'autre. Que se passe-t-il ensuite ? Lisez cette aventure ! 

 

 

 

Extrait :

 

 

 

"Or entendéz, seignor gentil baron,

Que Deus de gloire voz face vrai pardon.

De tel barnaige doit on dire chanson

Que ne soit mie de noient la raison.

Ce n'est pas fable que dire voz volons,

Ansoiz est voirs autressi com sermon,

Car plusors gens a tesmoing en traionz,

Clers et prevoires, gens de religion.

Li pelerin qui a Saint Jaque vont

Le sevent bien, se ce est voirs ou non.

Huimais orréz de douz bons compaingnons,

Ce est d'Amile et d'Amis le baron.

Engendré furent par sainte annuncion

Et en un jor furent né li baron.

A Mortiers gisent, que de fi le seit on.

Huimais orréz de ces douz compaingnons,

Com il servirent a Paris a Charlon

Par lor grant compaingnie."

 

 

 

 

 

Fragment du manuscrit d'Ami et Amile
Fragment du manuscrit d'Ami et Amile